La Baraque à Saint-Rivoal : là où librement s'envolent
Publié le 01/05/2026
Cette saison, chaque premier vendredi du mois , nous installons notre studio mobile dans un tiers-lieu du territoire finistérien. En ce premier mai, nous vous proposons une émission enregistrée depuis la Baraque à Saint-Rivoal. La Baraque est un espace d’interculturalités et de mémoires tissées de rencontres et de créations artistiques qui a élu domicile dans un cœur caché de Saint-Rivoal, petite commune du flanc ouest des Monts d’Arrée.
Si l’on doit la décrire, eh bien , La Baraque est une structure démontable de 200 m², en bois et en métal, et couverte d’une toile.
A l’intérieur et entre ses planches il y a de l’espace. L’air traverse. Oui, le bâtiment, c’est sensible, a des mouvements respiratoires.
Après avoir voyagé en poétique nomade avec la Compagnie Dromesko, La Baraque a été transmise en 2025 à La Compagnie Méharées portée par Emanuela Nelli - danseuse et chorégraphe - et Alain Mahé - musicien et sculpteur de textures sonores.
La Compagnie Dromesko a inscrit dans la Baraque des liens d’itinérance où se rencontrent les êtres de la Terre et leurs diverses langues d’expression.
Cette mémoire gardée, la Compagnie Méharées a choisi de l’ancrer dans un territoire, celui des Monts d’Arrée. C’est depuis cet ancrage qu’elle prolonge les liens noués au fil des créations et qu’elle se tient dans l’ouvert de ce qui traverse et questionne nos humanités.
De mai à octobre, La Baraque accueille une programmation organisée autour de thématiques abordées dans les créations artistiques passées et actuelles de Méharées; la diversité des langues et des peuples, les droits des femmes, la santé mentale, la diversité du vivant, les droits humains, les conditions de vies… Ces thématiques sont traversées avec d’autres acteur -ices depuis des médiums croisés : danse, musique, création sonores, dessin, peinture, photo, cinéma. Elles donnent lieu a des spectacles, des concerts, des rencontres, des expositions, des projections, des ateliers …. Les moments sont vécus avec le public. L’expérience est partagée - tout comme certains repas.
Le 14 mai 2026, s’ouvrira la 2e saison de La Baraque à Saint Rivoal. Quatre chapitres vont la jalonner de mai à octobre. Quatre chapitres et leurs thématiques que nous avons parcouru durant cette émission. Car il s’agit bien d’un parcours, oui, un parcours non exhaustif, jalonné de haltes, des occasions de rencontres et de conversations, des espaces qu'on a ouverts avec les personnes autour de la table au moment où nous enregistrions l'émission : Emanuela Nelli, Alain Mahé et leur invité.e.e.es, Jackès Perros, Ayed Nabaa, Rachel Bizein, Rozenn Corre, Cha et Viz. Il y avait aussi, non moins présentes, d'autres personnes dont on a évoqué le travail, l'influence , la mémoire. La Baraque est peuplée d'êtres et d'histoires, elle garde les souffles vibrants, la proximité des liens. L'inspiration s'y partage.
Retrouvez plus d'informations et la programmation de la saison 2026 de La Baraque sur le site :
https://meharees.wordpress.com/la-baraque-meharees/
2 édition de La Baraque : une saison 2026 en 4 chapitres
Cette 2e saison, comme la première, se décline en chapitres. A l’image du livre, d'un leporello qu'on déplie, à l’image des histoires de vie qui avec le temps bâtissent des récits. Le chapitrage constitue l'armature de la programmation. Il est aussi une manière d'y faire entrer la poésie. Une poésie qui bondit à la lecture, qui plus est à voix haute des titres des 3 premiers chapitres.
Là où librement s'envolent
Le silence éclate comme une montagne
Où habitent nos mémoires?
Durant toute la saison, chaque chapitre sera clos par un spectacle crée depuis ce qui aura été vécu les semaines auparavant. Ce seront quelques unes des pleines surprises que la Baraque nous réserve.
Chapitre 1 : Là où librement… s’envolent - Diversité des biotopes et des langues - du 14 mai au 21 juin 2026
Pour aborder cette thématique, Emanuela et Alain ont souhaité avoir à leurs cotés monsieur Jackès Perros, paysan à la retraite, un des mas portants de La Baraque et membre de l'association Kadouar .
L'association Kadouar (contraction de Cadou avec le k breton et de douar, la terre) a été créée par les habitant.es de Saint-Cadou dans l'esprit de faire du commun; c'est à dire, d'acquérir des terres pour l'installation dans le Pays de Saint-Cadou.de paysans et paysannes en agriculture biologique.
Le 17 mai, une rencontre avec l'association Kadouar est organisée à La Baraque. Elle sera suivie de la projection du film De la Guerre froide à la Guerre verte d’Anna Recalde-Miranda (en présence de la réalisatrice). Ce documentaire revient sur l'origine du développement d'une république du soja à la frontière entre le Paraguay et le Brésil. Il établit un pont entre passé et présent, entre la violence politique de l'opération Condor et la multiplication des assassinats des défenseur.ses de la terre.
Autre focus : le 11 juin (et non le 5 juin comme annoncé dans le podcast), le breton sera célébré en poésie et en musique avec ‘BRETON’ HA BARZHONIEZH ‘SAMBLES’ - LES BRETONS POÉTIQUES ( en présence de Krismenn* et d’autres artistes ainsi que des élèves de l’école de Saint Rivoal pour un hommage à Fañch Peru, François le Péru, poète de langue bretonne, décédé en 2023).
*En décembre dernier, nous avons diffusé sur nos ondes un Ribines consacré au spectacle Bastard, de Krismenn. Voici le lien vers le podcast du documentaire Bastard, des histoires leur écho : https://www.transistoch.bzh/actu/bastard-krismenn-teatr-piba-penhars
Chapitre 2 – Le silence éclate comme une montagne – femmes, décolonisation, droits humains, mer et exploitation - du 22 juin au 19 juillet 2026
Ni les femmes ni la terre ne sont des territoires de conquête
Le 27 juin, une journée rapprochera deux thématiques, deux rapports brutaux dans leur approche coloniale :celui aux femmes et celui à le terre. Le nom donné à cette journée est Ni les femmes ni la terre ne sont des territoires de conquête. Une manière d'embrasser une lutte commune. A l'occasion de cette journée, une rencontre est prévue en après-midi avec L’Âmarrée, collective basée à Plounéour-Ménez, qui propose notamment un accompagnement aux femmes et minorités de genre victimes de violences. L’Âmarrée est aussi une bibliothèque militante, banque de ressources sur le féminisme et l'engagement sous toutes ses formes. L'association intervient sur le territoire des Monts d'Arrée.
Lors de notre émission nous avons fait la connaissance de Rozenn Corre bénévole de L’Âmarrée. Elle nous a parlé de la collective, de son fonctionnement et plus largement des violences faites aux femmes en milieu rural, y compris dans un territoire comme les Monts d'Arrée que l'on pourrait croire épargné.
A noter : durant la saison, La baraque mettra à disposition des livres à emprunter ou à consulter sur place. On trouvera ainsi des ouvrages de la bibliothèque de L’Âmarrée, de la Carlobibli et de Méharées et un choix d’ouvrages également présents à la bibliothèque de Saint Rivoal.
Une semaine pour la Palestine : Palestine une mémoire vive
Du 2 au 5 juillet : une semaine sera consacrée à la Palestine. Cette semaine s’intitule Palestine une mémoire vive. Elle donnera lieu à des projections de documentaires, à des rencontres, à des concerts.
Nous avons évoqué cette semaine et abordé la situation de la Palestine avec Ayed Nabaa (réalisateur) et Rachel Bizien (productrice). Tous deux ont fondé il y a huit ans la société de production Mailias films, basée à Morlaix.
Les 3 et 5 juillet, Ayed Nabaa présentera à la Baraque son dernier documentaire : L’homme à la caméra, c’est toi ? En voici le résumé :
En 2015, dans le cadre de recherches que nous menons sur le cinéma palestinien d’avant la Nakba, nous découvrons le livre de Kassem Hawal, Le Cinéma palestinien, écrit en 1974. Il contient les seuls et uniques dialogues avec celui que l’on considère comme le tout premier cinéaste palestinien, Ibrahim Hassan Sarhan, originaire de Jaffa et fondateur de Studios Falastin en 1935. Il est le point de départ de nos recherches qui se poursuivent jusqu’à aujourd’hui.
Le 4 juillet, Shadi Zaqtan (musicien palestinien) donnera un concert à La Baraque; Lors de notre émission Ayed Nabaa et Rachel Bizien nous ont parlé de cet artiste et nous ont fait le plaisir de chanter un peu de la chanson Bashofek fel Balad.
Autre focus : Le 18 juillet, la Baraque accueillera l'exposition « Éclaireuses d’humanité : visages et parcours de femmes en Méditerranée » Une initiative de l'association SOS Méditerranée qui célèbre le pouvoir d’agir des femmes à travers des photographies et témoignages recueillis depuis février 2016 à bord des navires Aquarius et Ocean Viking. Elle met en lumière la réalité des opérations de sauvetage en Méditerranée centrale en présentant plusieurs prismes : femmes en exil, femmes humanitaires, bénévoles, femmes sauvées et celles qui leur tendent la main.
Précédemment, une collaboration de la compagnie Méharées avec SOS Méditerranée avait donné lieu au spectacle BARACCA (Méharées 2025), poème sonore visuel et chorégraphique : https://meharees.wordpress.com/baracca-titre-provisoire
Un LEM de Transistoc'h avait été consacré à ce projet. Voici le lien vers cette émission : https://www.transistoch.bzh/actu/lem-compagnie-meharees-braspart-emanuela-nelli-alain-mahe
Chapitre 3 : Où habitent nos mémoires ? – folie, partage, en-commun - Hommage à Fan Virolle homme de vie et de plateau - du 31 août au 20 septembre 2026
Ce chapitre est en hommage à Fan Virolle, éclairagiste, homme de plateau fabuleux et compagnon de route d'Emanuela et Alain . Fan virolle est décédé en 2025.
A l’intérieur de ce chapitre 3, une semaine sera consacrée à la thématique de la folie : dé-ment(h)es sauvageS – folies et déraisons – du 8 au 13 septembre
Emanuela et Alain préparent cette semaine avec Cha et Viz, un non collectif de deux personnes folles. Cha et Viz œuvrent pour ouvrir dans les Monts d'Arrée des espaces, des rencontres où habiter la folie en dehors des circuits institutionnels et thérapeutiques.
Lors de la semaine de la folie, Cha et Viz reprendront et poursuivront un travail de collectage de d'histoires et de témoignages effectué en novembre 2025, dans le cadre d'une émission de radio amateur qu'ils avaient co-organisée sur la question de la folie . Une émission entière devrait être réalisée sur cette thématique et diffusée à La Baraque lors de la semaine Dé-men(t)hes sauvageS.
Autre focus : Le 12 septembre, un concert réunissant Pierre Veyseur - compositeur autodidacte, multiinstrumentiste - Xavier Amar - batteur et musicien autodidacte et Alain Mahé sera donné à La Baraque.
Chapitre 4 – Hommages à Ko Murobushi et à Carlotta Ikeda - du 21 septembre au 10 octobre 2026
Faute de temps suffisant, ce chapitre n'a été qu'évoqué durant l'émission. Il proposera un hommage aux danseur.euse. et chorégraphes japonais.e Ko Murobushi et Carlotta Ikeda, dont Emanuella Nelli et Alain Mahé ont cotoyé le travail.
Une installation vidéo (en partenariat avec Ko Murobushi archives et le Centre national de la danse) présentant des archives des années d'activités de Ko Murobushi et documentant sa vision de la danse, sera mise en place à la Baraque.
Deux concerts hommages auront également lieu durant cette période:
-> Le 26 septembre : In silence, concert hommage à Ko Murobushi par Patrick Molard et Alain Mahé, Pibroch A flame of wrath et electronics à partir des drone de la cornemuse de Patrick Molard.
-> Le 3 octobre : hommage à Carlotta Ikeda par la joueuse de koto Mieko Miyazaki
La saison se clôturera le 10 octobre avec un spectacle-concert réunissant Heidi Brouzeng (comédienne) // Vincent Fortemps (dessinateur) // Kamal Hamadache (musicien) // Alain Mahe (musicien) // Anne-Sophie Lancelin (danseuse) // Emanuela Nelli (danseuse) // Anne-Marie Nicol (biniou, bombarde) // Jean-François Pauvros (guitariste)
Remerciements
Un grand merci à Emanuela Nelli , à Alain Mahé et à leurs invité.e.s : Jackès Perros, Ayed Nabaa, Rachel Bizien, Rozen Corre, Cha et Viz
Musique et extraits de spectacles diffusés durant l’émission:
- Extraits des spectacles Siyala (2004) et Barraca (2025), de la compagnie Méharées
- Chanson de et interprétée par Shadi Zaqtan, Bashofek fel Balad
Crédits photos La Baraque : Emanuela Nelli
A venir
Parce qu'il y avait beaucoup à dire et que La Baraque nous y invitait, l'enregistrement de l'émission s'est étiré sur plus de trois heures. Pour aboutir à une émission de 59 minutes, il a donc fallu couper, beaucoup. Les versions intégrales des interviews seront prochainement publiées sur cette page.