Bien se nourrir à 80 ans et plus

Publié le 12/02/2026
Il n'y a pas d'image pour ce contenu

Dans Ouzh taol ce mois-ci, on se demande quelle est l'alimentation optimale pour les personnes de plus de 80 ans, entre besoins nutritionnels, difficultés liées à la santé et plaisir à garder !

Le site internet de l'association 4quarts partenaire avec laquelle cette émission est réalisée

Les besoins physiologiques humains évoluent au fil des âges et l'alimentation doit y répondre. Il faut notamment renforcer les apports de protéines pour limiter la fonte musculaire. La Haute autorité de santé parle de dénutrition chez la personne âgée (à partir de 70 ans) quand elle perd 5% de son poids en un mois ou 10% en six mois. 

Les 4quartiennes se souviennent de grands-mères qui ont pris plaisir à cuisiner jusqu'au bout et même de grands-pères qui s'y sont mis sur le tard pour préparer et déguster en couple, ou de bénéficiaires d'aide à domicile âgés qui attendaient l'heure du gouter (sucré) comme des enfants. Le grand âge et les joies de la table peuvent donc faire bon ménage. Encore faut-il que le parcours ne soit pas semé d'embûches.

Un milieu et un matériel culinaire adapté 

En fait, on peut anticiper bien des années avant, un environnement favorisant pour pouvoir continuer à cuisiner et manger correctement même quand on perd en mobilité, en force ou en dextérité : une cuisine au rez-de-chaussée, une arrière-cuisine accessible de l'extérieur et accolée à la cuisine ; des rangements, un lave-vaisselle, des prises électriques à hauteur... 

Ensuite, on s'adapte, en proscrivant l'électroménager trop complexe d'utilisation, ou avec des petits "trucs" qui pallient les handicaps : gaines en mousse sur les manches des couverts pour une meilleure préhension, tasses à café plus grandes, etc. 

Des mets qui font envie et faciles à manger 

Il est aussi important de garder le plaisir de se nourrir, surtout quand on perd l'odorat et le goût (qui sont liés) ou qu'on est atteint de dépression (fréquente chez les personnes âgées). L'aspect visuel attractif avec des couleurs variées, des formes diversifiées, peut compter. Par exemple une purée de carottes avec des morceaux de terrine en cube, ou bien un apéritif dinatoire qui permet de proposer toutes sortes de denrées sans exclure personnes 

Il faut aussi privilégier les textures tendres pour parer aux problèmes de mastication ou déglutition : pommes de terre et soupes, ou encore crêpes garnies seront plébiscitées ! 

Il convient aussi de respecter des critères culturels et/ou générationnels : séparer les mets pour que les goûts soient mieux identifiés, éviter les aliments considérés comme "pour les animaux" par des personnes ayant grandi à la campagne, comme le maïs ou le quinoa. 

Comme les personnes âgées ont souvent moins d'appétit, il est utile de compenser en densifiant la valeur nutritionnelle du repas et son apport en calories, grâce aux matières grasses en particulier (plus de beurre) ou des noix et oléagineux (qu'on peut mixer). 

Le corps médical a par ailleurs bien compris que, sauf danger de mort imminent, il n'est plus temps à 80 ans de se mettre au régime restrictif (sans sel, sans alcool, sans sucre...) le plaisir avant tout !