Le parc d'Armorique et ses paysages

Publié le 10/03/2026
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Depuis 1997, le Parc naturel régional d'Armorique est doté d'un observatoire des paysages. Une enquête récente nous en apprend davantage sur leur perception par la population bretonne. On revient sur cette notion et les actions du PNRA pour préserver ses paysages.

La charte du paysage et de l'architecture sur le site internet du Parc naturel régional d'Armorique

De plus en plus, le paysage devient objet d'études scientifiques. On le découpe officiellement en "unités paysagères" pour mieux le décrire et le suivre. Le PNRA a progressivement qualifié les siennes, intégré leur préservation et leur suivi à ses missions (la charte en cours et celle qui entrera en vigueur en 2027) et travaille sur cette question avec Laurence Le Du-Blayo, enseignante-chercheure en géographie à l’Université Rennes 2. Un paysage se compose d'éléments visuels d'origine humaine (des bâtiments, des routes, des parcelles cultivées ou en élevage), du vivant (végétal, animal), du minéral, au sol ou en surface (surtout dans un géoparc comme le PNRA). Un paysage est aussi fait de perceptions sensorielles : sons, odeurs, etc. La science examine désormais les impacts du paysage sur la santé humaine, ce sera d'ailleurs le sujet d'un projet théâtral Se souvenir des loups le 29 mai 2026 à l'Améthyste de Crozon. 

Un observatoire photographique des paysages du Parc d'Armorique depuis 1997

Le Parc d'Armorique s'est intéressé très tôt à ses paysages, dès 1997, en créant l’un des premiers observatoires photographiques du paysage (OPP) en France aux côtés de l’État. Entre 1997 et 2025, 41 points de vue du territoire ont été photographiés, toujours de la même façon et en noir et blanc, à intervalles réguliers pour rendre compte de la diversité et de l’évolution des paysages du PNRA. Plus de 300 clichés et près de trente années d’observation nous font constater l'évolution ou la permanence du bocage, comme à Commana, des aménagements des entrées de bourg comme à Pont-de-Buis lès Quimerc’h, des aménagements de sites touristiques comme à la pointe des Espagnols à Roscanvel, ou des milieux paysagers spécifiques de notre région comme les landes de la Montagne Saint-Michel. Les évolutions constatées sont parfois lentes, comme l'enfrichement des fonds de vallée, lié à la déprise agricole et au retrait des élevages, parfois rapides comme lorsque des travaux interviennent, parfois peu perceptibles comme pour les landes, qui se maintiennent, voire progressent légèrement. 
Toutes les photographies d'observation des paysages bretons sont accessibles sur la plateforme POPP Breizh.

Enquête régionale "bien-être et paysages bretons" : déminéraliser, végétaliser, rebocager ou l’éloge de la nature

L’Observatoire de l’environnement en Bretagne a lancé en 2024 la toute première enquête régionale et a interrogé directement la population sur ses rapports aux paysages quotidiens : « Vous sentez-vous bien dans votre lieu de vie à moins d’1 km ? Quels sont les paysages de bien-être à moins d’1 km de votre domicile ? Comment percevez-vous les paysages lors de vos déplacements domicile-travail ? ». Près de 2 300 Bretonnes et Bretons ont répondu à l'enquête, un échantillon représentatif de la population régionale. 
À 86 %, les Bretons se sentent majoritairement bien dans leur paysage du quotidien. Ils sont 78 % à trouver leur lieu de vie calme. En effet, la notion de calme est liée à la notion de bien-être. Le calme et le bien-être sont dépendants du mode d’habiter, et notamment au type d’habitation et à la densité.

C'est la tranche d'âge des 16-29 ans qui se sent le moins bien par rapport aux autres âges de la vie. 

Dans les entretiens menés sur le terrain, les personnes interrogées ayant entre 45 et 60 ans ont constaté une forte augmentation de l’urbanisation autour de leur lieu de vie. 42 % des répondants au questionnaire en ligne considèrent que « Stopper les constructions ou les limiter en ville et/ou à la campagne » est une action prioritaire. La tranche d'âge est un facteur de disparités dans les réponses : 

  • Les 16-29 ans répondent plus fréquemment « mettre en œuvre des solutions face aux conséquences du changement climatique » et « avoir accès à des espaces de nature » que les autres catégories d’âge.
  • Les 30-49 ans veulent « avoir accès à des espaces de nature » et les 50-64 ans veulent intégrer plus d’énergies renouvelables.
  • Les plus de 50 ans se préoccupent plutôt de maintenir le bocage. 

Le détail en ligne de l'enquête sur les paysages bretons et le bien-être sur le site internet de Bretagne environnement.