Complicités artistiques au musée Sérusier
Publié le 21/05/2026
Le musée Sérusier s'est ouvert en juin 2025 à Châteauneuf-du-Faou et il s'inscrit dans son temps : pas de présentations figées, un perpétuel renouvellement qui traduit aussi les inspirations mutuelles entre artistes, de Châteauneuf-du-Faou au Japon en passant par Pont-Aven, Paris ou Brest. À découvrir jusqu'en janvier 2027, une sélection d'arts graphiques et quatre œuvres de Marie-Renée Chevallier-Kervern, de la collection privée de René Le Bihan, créateur du musée des beaux-arts de Brest.
Le site internet du musée Sérusier de Châteauneuf-du-Faou
Le musée est centré sur Paul et Marguerite Sérusier qui ont vécu jusqu'au bout à Châteauneuf-du-Faou, s'en sont inspiré dans leurs créations et y ont laissé leur empreinte locale, notamment une maison (construite en 1906) et de nombreux objets donnés à leurs relations et voisinage.
Le musée fait bien ressortir ces liens entre le couple d'artiste et la commune, les paysages sur les tableaux, les objets personnels exposés, les courriers et documents en témoignent. Mais le lieu met aussi en avant, en renouvelant ses accrochages, les passerelles, interactions et inspirations mutuelles entre les artistes et entre les disciplines, les techniques, les cultures...
Complicités artistiques : Marie-Renée Chevallier-Kervern et René Le Bihan
Ainsi, on peut découvrir depuis avril 2026 et jusqu'en janvier 2027, des œuvres d'arts graphiques qui ne peuvent être présentées en permanence du fait de leur fragilité : gravures, dessins, estampes... Elles sont signées des Sérusier ou de leurs complices, notamment du groupe des Nabis, collectif artistique fondé par Paul et qui s'est exprimé en peinture, décoration murale,
Un accrochage intitulé Complicités artistiques présente aussi quatre œuvres de l'artiste Marie-Renée Chevallier-Kervern, amie du couple Sérusier. Deux tableaux figuratifs des années 1930 montrent clairement l'inspiration picturale entre la peintre et Marguerite. Deux étoffes cousues, des années 1970, nous révèlent une autre facette du travail foisonnant de l'artiste qui s'est beaucoup consacrée à cet art textile, lequel trouve des échos ailleurs dans le musée, en particulier autour de la tapisserie, une technique qui inspirait Paul Sérusier. Les deux toiles monumentales abstraites évoquent deux thèmes différents : le sacré et l'ethnologie. Elles proviennent de la collection de René Le Bihan à qui le musée rend hommage. Conservateur du musée de Brest de 1964 à 2002, il a monté lui-même la collection des beaux-arts et surtout, il a beaucoup contribué à faire connaitre l'œuvre de Paul Sérusier et de Marie-Renée Chevallier Kervern.
Ci-dessous, la version augmentée de l'interview de Nadeja Podzemskaia, directrice de recherche au CNRS et historienne des arts et de Lorenzo Vinciguerta, professeur de philosophie et d'esthétique à l'université d'Amiens et à celle de Bologne en Italie, petit-fils de Marie-Renée Chevallier-Kervern.
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L'accrochage d'œuvres de Marie-Renée Chevallier-Kervern