La Confrérie de la Corneille fait revivre les arts martiaux historiques européens
Publié le 17/02/2026
Dans cet épisode de Truelle et sac à dos, on se bat... à l'ancienne ! Fabrice Esnault est membre de la Confrérie de la Corneille, une association créée en 2011 et dédiée à la promotion et à la pratique des Arts Martiaux Historiques Européens (AMHE), à Rennes, en Ille-et-Vilaine, ainsi qu’à Dinan, dans les Côtes-d'Armor. Il s'agit de retrouver les techniques anciennes de combats par l'étude des documents et la pratique : l'archéologie du geste.
Association loi 1901, la Confrérie de la Corneille propose des entraînements afin de continuer à faire vivre les techniques de combat historiques, en particulier les différentes formes d’escrime à la longue épée suivant des pratiques allant du XIIIe au XVe siècles. Les entraînements sont organisés de façon hebdomadaire, entre Dinan, Rennes et Saint-Malo.
Les AMHE (Arts martiaux historiques européens, du nom de leur fédération sportive) mêlent pratique sportive, histoire et archéologie. Ici, ce qui nous intéresse tout particulièrement, c’est l’archéologie du geste, associée à ces pratiques, puisque pour retranscrire les gestes, il est nécessaire de passer par une phase archéologique, en décryptant par exemple les manuscrits des maîtres d’armes, décrivant les méthodes de combats et en s'inscrivant dès lors dans ce qu’on peut appeler l’histoire vivante.
Fabrice Esnault participe en outre au projet de reconstitution d’un village médiéval à Pont-Croix. Ce qui lui permet de pratiquer encore l’archéologie du geste, mais celle des techniques de construction d'une maison de la fin de l’époque médiévale.
Ce type d’archéologie conceptualisé par André Leroi-Gourhan dans les années 1960 consiste à analyser les gestes et les pratiques quotidiennes du passé. Elle s’intéresse aux comportements et aux techniques des individus en cherchant à comprendre comment ces gestes se reflètent dans les objets, les outils et les espaces archéologiques. L'archéologie du geste combine des méthodes d'analyse des matériaux, des expérimentations et des observations contemporaines pour mieux interpréter les pratiques anciennes et leur signification culturelle.
Un reportage de Lola Seive, Jeanne Martin, Annouk Clément et Olinka Gauthier du Master 2 Médiation du patrimoine, de l'histoire et des territoires de l'Université de Rennes 2, 2024-2025.