Vers une filière bois agricole pour valoriser le bocage

Publié le 07/04/2026
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Pour valoriser les haies bocagères, le syndicat de bassin de l'Elorn et son homologue de l'Aulne et de l'Hyère, l'Epaga, accompagnent la naissance d'une filière bois agricole en centre Finistère, via le Pacte de la haie. Il s'agit d'organiser l'entretien durable et l'utilisation locale des coupes de bocage dans des chaudières collectives. 

Le site internet de l'Epaga (Établissement public de gestion et d'aménagement des bassins de l'Aulne et de l'Hyère) 

et le site internet du Syndicat de bassin de l'Elorn

Photo de couverture : Broyage d'un andain de bois bocager sur une exploitation - Crédit : François Cabaret/SBE, Landerneau 04/2026

Les deux syndicats de bassin versant de l'Elorn et de l'Aulne/Hyères se sont associés pour répondre à un appel à projets de la DRAAF (Direction régionale de l'agriculture et de la forêt) destiné à encourager la valorisation du bois bocage des exploitations agricoles bretonnes : le Pacte en faveur de la haie. 

Il s'agit d'accompagner le développement de filières locales de valorisation du bois de bocage, par une gestion durable de ces arbres et arbustes qui poussent sur les talus ou en haies entre les parcelles agricoles. 

Actuellement, ce bois est grossièrement taillé tous les deux ou trois ans avec des lamiers, des engins dont la coupe abîme les essences et le bois ainsi coupé est simplement entreposé et brûlé comme déchet alors qu'il pourrait être une ressource, payée 30 euros la tonne. 

La gestion durable du bois de la haie bocagère

Le Pacte de la haie doit permettre une gestion durable des différents arbres, qu'il s'agisse d'essences de hauts-jets qu'on laisse pousser plusieurs années (chênes, châtaigniers) ou d'essences de cépées (noisetier) dont les branches sont régulièrement prélevées. Au départ, il s'agit d'abord de tailler avec soin pour pouvoir obtenir sur le long terme une repousse plus intéressante pour la production de bois de chauffage, voire de bois d'œuvre. Pour les grands arbres, on laisse la souche afin qu'elle produise de nouveau des troncs dont on sélectionnera le plus intéressant. Pour les arbustes à cépées, on veille à ce que les repousses soient toutes coupées à ras au même niveau. 

Les coupes sont ensuite broyées sur place par un engin dédié qui parcourt les andains (longs tas de branches disposés en ligne au sol) pour les transformer en plaquettes de différentes dimensions. Ces plaquettes seront séchées (mais pas trop) pendant quatre mois avant d'alimenter les chaudières locales.

Ce sont ces installations qui sont les locomotives des filières bois-énergie agricoles locales. Le cercle vertueux, c'est la création d'une chaudière bois par une collectivité qui s'engage à se fournir en combustible auprès des exploitations agricoles de son territoire. Si la boucle de chaleur est assez modeste, on reste en dessous du seuil d'appel d'offres et on peut choisir ses fournisseurs sans passer par la procédure de marché public.

Des coopératives pour valoriser le bois agricole à l'exemple de Koad Cob

Pour couper, broyer, récolter, stocker et distribuer le bois, les exploitations agricoles peuvent avoir recours à des sociétés dédiées et spécialisées qui travaillent, elles aussi, localement. La forme coopérative assure ce caractère local et c'est ainsi que le Pays du centre-ouest Bretagne a vu la naissance de la SCIC (Société coopérative d'intérêt collectif) Koad Cob qui intervient sur ce territoire pour valoriser le bois bocage géré durablement. Koad Cob peut se charger de tout ou partie des étapes de la valorisation, selon le souhait de l'agricultrice ou de l'agriculteur qui conserve de toute façon un revenu en échange de ce bois. 

La mission de l'Epaga et du syndicat de bassin de l'Elorn est désormais d'accompagner les agriculteurices dans la gestion durable de leurs haies, mais aussi les collectivités qui lanceraient des chaudières bois et les SCIC qui pourraient se monter, d'ici 2028, terme du Pacte en faveur de la haie.