Féminiser les métiers scientifiques et techniques
Publié le 22/05/2026
Association nationale, Femmes ingénieures dispose de délégations dans tout le Grand Ouest et dans le Finistère. Son objectif est de convaincre les femmes d'oser les métiers scientifiques et techniques qui restent encore en moyenne aux trois quarts masculins.
Le site internet de l'association Femmes ingénieures
L'association Femmes ingénieures existe depuis 1982, dans le Grand Ouest, son activité se relance, emmenée par Sophie Couka, et le Finistère est doté d'une toute nouvelle déléguée départementale, Véronique Riou.
Les métiers scientifiques et techniques, l'ingénierie notamment, mais aussi la recherche scientifique, la maintenance et la production technique comptent en moyenne 20 à 25 % de femmes en France. Même si certains secteurs comme l'agro-alimentaire ou la chimie sont devenus majoritairement féminin, c'est encore bien peu. L'association se donne pour mission de convaincre au plus tôt les filles et jeunes femmes de choisir ces secteurs et ces professions.
Il est crucial que les femmes conçoivent aussi les systèmes qu'elles utiliseront
Pourquoi est-ce important ? Parce que de fait, les femmes et les hommes n'ont pas les mêmes approches, les mêmes usages des objets, des équipements, des bâtiments, des machines, des logiciels... Il faut aussi compter avec les différences physiologiques. Les besoins et attentes sont donc différents et il est bon que la conception des systèmes au sens large intègre ces besoins. En outre, l'accès à ces métiers et secteurs est en fait une reconnaissance de la compétence des femmes et, quand elles se lancent dans les études scientifiques et techniques, elles sont totalement au niveau, voire plus compétentes que les hommes. Pour elles, le choix de ces professions sera payant, en termes de débouchés puisqu'on manque de personnel dans la plupart, et sur le plan du salaire (ce sont des métiers bien payés).
Lever les freins et faire connaître la diversité des métiers scientifiques et techniques
Qu'est-ce qui bloque ? Beaucoup de facteurs freinent l'orientation des femmes vers ces métiers. Dès l'enseignement, des biais s'installent et laissent penser beaucoup de jeunes filles que ces domaines seront "trop difficiles" ou "pas pour elles". Et les préjugés des parents sont encore nombreux. Ces déformations socio-culturelles alimentent un défaut de confiance en soi des filles. En outre, il leur est encore difficile de se projeter dans ces métiers, car les exemples féminins, les femmes scientifiques ou ingénieures ou techniciennes célèbres restent rares. Si ces dernières années, beaucoup d'actions ont été menées pour promouvoir les figures féminines des sciences, des techniques et des mathématiques, il faudra du temps pour que les effets se fassent sentir.
Il reste aussi tout simplement un problème d'information sur la diversité des métiers techniques et scientifiques, au moment de l'orientation notamment. Qui pense à tous les métiers d'ingénierie liés à la santé (conception de prothèse, fabrication et maintenance des appareils, imagerie médicale, etc.) ? Bien d'autres exemples pourraient être cités en robotique, dans le bâtiment, en micromécanique ou dans l'automobile.
L'association Femmes ingénieures mène justement des actions d'information dans les salons d'orientation ; elle propose aussi des rencontres voire des visites au public scolaire, dès le plus jeune âge.