Le monde warholien à Landerneau
Publié le 02/07/2026
Jusqu'au 24 janvier 2027, le Fonds Hélène et Édouard Leclerc à Landerneau crée l'événement artistique de l'été avec son exposition consacrée à l'œuvre d'Andy Warhol. On mesure en quoi cet artiste a été précurseur et combien il avait pressenti ce que les réseaux sociaux exacerbent aujourd'hui : plus que jamais, nous vivons dans un monde warholien.
Andy Warhol a d'abord été publicitaire, mais d'emblée, il a considéré cette pratique comme un art, on le constate dès le début de l'exposition en examinant ses travaux de jeunesse ; c'est d'ailleurs sa marque de fabrique : tout peut devenir "art", depuis les bouteilles de Coca cola jusqu'aux boites de soupe Campbell, en passant par les motifs de treillis militaire ou la Trump tower. Tout comme toute personne peut accéder à son quart d'heure de célébrité. Bien avant l'invention du téléphone mobile, Warhol est adepte du selfie... Qualifier cet artiste de visionnaire est donc approprié et quand on parcourt les salles, thématiques et chronologiques de l'exposition des Capucins à Landerneau, on réalise qu'on vit bel et bien toujours dans un monde warholien.
Sculpture, peinture, sérigraphie, photographie... peu de matières ont échappé à l'artiste, sauf peut-être le son, encore qu'il a tout de même été l'auteur de pochettes d'album célèbres des Rolling stones et du Velvet Underground.
Ce fils d'immigrés austro-hongrois sait ce qu'il doit au rêve américain et tout son art tourne autour de cette société à laquelle il a totalement adhéré, tout en étant à même d'en titiller les travers, avec ironie.
Et surtout sa notoriété lui a permis de côtoyer les plus grands dont il nous fait partager un soupçon d'intimité : dans la salle des portraits sérigraphiés et colorés (bien sûr, Marylin Monroe est présente), on peut voir les photos Polaroïd que Warhol prenait avant de réaliser ses portraits ; et l'effet est étrange. Un petit format si "banal" pour encadrer des visages mondialement connus.
Le musée Warhol de Pittsburg compte 13 000 œuvres de l'artiste. Il fallait donc nécessairement choisir. L'exposition de Landerneau a été conçue pour un public français et ce qui frappe — peut-être encore davantage dans le contexte actuel — c'est la puissance culturelle américaine qui s'en dégage, cette consommation omniprésente et omnipotente, cette standardisation sublimée, ces symboles mondialisés : les personnages de Disney, les Super Héros, la pomme d'Apple, Ronald Reagan... tout est inscrit dans nos vies.