La biologie marine en arts avec Espace d'apparence

Publié le 10/04/2026
Il n'y a pas d'image pour ce contenu

En tissant les liens entre arts et sciences, l'association brestoise Espace d'apparence de Brest se plonge en 2026 et 2027 dans la biologie marine avec les projets Habloom et Éloge de la lenteur. Les conséquences du changement climatique sur les écosystèmes marins et les micro-algues inspireront les œuvres de quatre artistes.

Le site internet de l'association Espace d'apparence

Photo de couverture : observation de larves d'huîtres avec le projecteur de profil utilisé pour mesurer les micro-organismes, station expérimentale d'Argenton, 15 mai 2025. Photo © M.-C. Raoul

L'association d'artistes brestoises Espace d'apparence s'intéresse depuis l'origine aux sciences et à ce qu'elles peuvent inspirer aux créateurices. En outre, les projets menés ces dernières années se concentrent plus particulièrement sur les conséquences du changement climatique et de l’empreinte écologique humaine sur les écosystèmes marins.

Habloom ; les explosions de micro-algues, les bivalves et les artistes

Les projets du moment continuent sur cette lancée, à commencer par Habloom. Il entre dans du projet de recherche HABIS (Harmful Algal Blooms : a threat for sustainability of exploited BivalveS) coordonné par la biologiste Hélène Hegaret et la physiologiste Caroline Fabioux au sein du laboratoire de biologie marine LEMAR à l’IUEM. Les deux chercheuses y étudient la vulnérabilité d’espèces de bivalves exploités aux proliférations explosives (blooms) de micro-algues qui reviennent régulièrement le long des côtes françaises. Le projet Habloom fait aussi référence au mot anglais loom qui signifie métier à tisser. 

Trois artistes nouent en effet des liens avec les scientifiques : Laurence Nicola, Pauline Hégaret et Marie-Claire Raoul. Chacune accède au laboratoire et aux travaux scientifiques et s'en inspirera dans ses créations. Pour Pauline Hégaret, artiste numérique, photographe et vidéaste, mais aussi plongeuse, il s'agira d'images prises lors d'un bloom bioluminescent à Pornichet. Pour Laurence Nicola, il s'agira plutôt de sculpture à base de résidus plastiques collectés sur les plages. Quant à Marie-Claire Raoul, elle travaillera sur les formes très graphiques du phytoplancton, mais aussi sur les interactions entre les micro-algues et les bivalves, sans doute en linogravure et en animation 2D. 

Les œuvres seront présentées par les artistes, en présence des scientifiques à Océanopolis du 20 février au 8 mars 2027. 

Une autre exposition aura lieu de mai à novembre 2027, à la galerie de Rohan à Landerneau. 

Micro-mouvements marins et esthétique des micro-algues dans Éloge de la lenteur

Espace d'apparence soutient chaque année un ou une jeune artiste. En 2026, c'est Gladys Sauvage qui travaille le textile et en particulier la dentelle au fuseau et le crochet, avec l'aide d'outils numériques comme l'Arduino (un petit robot qui permet de rendre les œuvres mobiles et interactives). Elle aussi est en lien avec la biologiste Hélène Hégaret et le Laboratoire des sciences de l'environnement marin de l'IUEM (UBO). Gladys s'inspirera aussi des micro-algues et de leurs micro-mouvements pour partager dans ses œuvres sa réflexion critique sur notre monde trop rapide et gaspilleur, en proposant un Éloge de la lenteur composé avec des matériaux de récupération. On pourra découvrir son travail du 22 août au 20 septembre 2026, au Sémaphore de Landéda (avec Marie-Michèle Lucas et Marie-Claire Raoul).