Dehors dans la nature pour apprendre et se construire

Publié le 19/03/2026
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Une association comme Eau et rivières de Bretagne remplit une importante mission éducative. Elle permet en particulier aux enfants de garder contact avec la nature, même en ville, pour répondre à des besoins humains fondamentaux, qu'on a tendance à oublier... Il est question aussi bien de santé que de relations avec les autres et même de savoirs de base comme la logique. 

Le site internet d'Eau et rivières de Bretagne 

Si l'idée d'emmener les enfants en extérieur, en plein air et de préférence dans des endroits peu urbanisés, même en travail scolaire progresse, il faut cependant distinguer plusieurs pratiques. 

Dehors, environnement, nature : de quelle éducation parle-t-on ?

L'école dehors consiste simplement à enseigner les matières du programme scolaire, sans forcément innover en termes de pédagogie, mais de le faire en plein air. L'éducation à l'environnement quant à elle, consiste à faire comprendre aux enfants les enjeux liés aux sujets comme la pollution, l'énergie, le climat, la biodiversité. Il n'est pas forcément question de "nature" et, surtout, ce type d'enseignement peut être fait en classe ou à l'intérieur d'un bâtiment, même si les méthodes pédagogiques sont variées et ludiques.

L'éducation à la nature telle que la pratique Eau et rivières de Bretagne a pour objectif premier de renouer les liens entre les humains (jeunes en particulier) et leur milieu d'origine : les autres vivants non humains et les éléments. 

Quant à la notion de nature, on peut s'interroger sur elle, sur le fait que nous en faisons partie, mais que nous l'oublions souvent... On peut se contenter d'un coin de parc en ville, d'un petit espace vert, même s'il est très anthropisé et pas du tout sauvage, et déjà, on pourra éduquer autrement sur ce terrain. 

Redevenir des humains tout entiers et se confronter au risque, qui construit

Remettre le nez dehors, se confronter aux éléments, au végétal et aux autres animaux, c'est revenir à ce que la sélection naturelle avait fait de nous : des êtres qui ont plusieurs sens et doivent pouvoir les utiliser pour construire des cartes mentales utiles. Contrairement aux écrans, la nature a des odeurs, des reliefs et des textures, voire des saveurs. Les corps bougent davantage quand ils sont dans la forêt ou même dans un parc ou un pré que sur les chaises d'une salle de classe. Quand on veut apprendre une langue étrangère efficacement, on s'immerge dans un pays locuteur. Pour la nature, c'est pareil, pour la connaître, développer toutes ses sensations et capacités corporelles, il faut y aller. 

Et surtout, dans le milieu non fermé, on prend des risques ; calculés, à hauteur d'enfant, mais suffisants pour se construire. On a tous besoin d'aventure, d'expérimentations avant de retrouver un milieu sécurisé. Dépasser ses limites, c'est apprendre. Or, l'éducation contemporaine a tendance à refuser toute éventualité de risque. 

Apprendre et créer avec des feuilles, des bâtons, des cailloux

La nature est une source de créativité. Finalement, on a peu besoin de matériel. On trouvera dehors ce dont on a besoin : un bâton pour écrire dans la terre, des feuilles pour enchaîner des suites logiques et faire comprendre les algorithmes. Les enfants sont champions en détournement d'objet et donc ils trouveront sur ce terrain naturel de quoi exprimer leur créativité. Il faut aussi accepter que, dehors, à la différence de ce qui se passerait sur un écran, on ne verra pas forcément le renard ou le blaireau. Ce ne sera pas forcément spectaculaire, les couleurs seront parfois moins éblouissantes... 

Motivation, coopération, stress, sommeil et appétit 

Les études menées auprès des enfants immergés dans la nature montrent d'excellents résultats sur de très nombreux paramètres :  niveau de stress en nette baisse, sommeil et appétit de meilleure qualité, motivation et coopération favorisées.  En tant qu'éducatrice et animatrice nature, Anouck Bonjean a pu constater aussi que l'inconfort du plein air entraîne rapidement des coopérations entre enfants, des attitudes de soin : on s'entraide pour monter ou descendre le talus, pour pousser un tronc, etc. 

Il faut aussi que les parents acceptent que les enfants rentrent "sales" avec des chaussures boueuses, des taches sur les vêtements, etc. L'important dans le fond, c'est bien plus l'état de leur cerveau que celui de leur tenue.