Une sécheresse désastreuse et une coalition pour sauver le saumon

Publié le 24/09/2026
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L'association Eau et rivières de Bretagne a suivi tout l'été les effets des sécheresses sur l'écologie des cours d'eau, elle fait le bilan du désastre mais elle agit aussi. Elle lance notamment une coalition internationale pour sauver le saumon sauvage, en grand danger.

Le site internet d'Eau et rivières de Bretagne 

Les bénévoles de l'association Eau et rivières de Bretagne sont restés très mobilisés tout cet été torride 2026, au chevet des rivières. Ils en ont suivi 32 en effectuant des relevés pour examiner la vie aquatique, en bien piteux état...

Ce que font les sécheresses et fortes chaleurs aux milieux aquatiques

Les cours d'eau sont robustes. Du fait de leur "lit souterrain" ils peuvent résister aux assecs d'été (interruption de l'écoulement des eaux de surface quand les apports se tarissent en saison sèche, en particulier dans les zones les plus pentues du lit de la rivière), jusqu'à un certain point cependant. Au bout d'un moment, même l'eau souterraine se raréfie et ça se corse alors pour la vie aquatique, la flore (champs de renoncules) comme la faune : les larves de tous les insectes et arthropodes méconnus que sont les gammares (crevettes d'eau douce), plécoptères, éphéméroptères, trichoptères, etc. Ces petits animaux sont à la base de la chaîne alimentaire qui va nourrir toute une cohorte d'autres animaux, depuis les larves de libellules jusqu'aux saumons ou même chauves-souris. S'ils ne peuvent survivre dans la gravière du lit de la rivière, cela compromettra les réserves alimentaires même quand il aura plu et que la rivière aura retrouvé un débit continu.

La chaleur a aussi pour conséquence de favoriser la décomposition des végétaux. Quand c'est le cas dans les zones de faible profondeur, les renoncules mortes colmatent les gravières. Le taux d’oxygène dissout dans l’eau est déjà plus bas à cause de la température. Des bactéries et micro algues qui décomposent les cadavres animaux et végétaux se développent d'autant plus et accélèrent la consommation de ce qu'il reste de l'oxygène de la rivière. Il n’y a plus ni habitat, ni nourriture, ni oxygène. La rivière est désertée. 22°C est une température de bascule pour cette micro vie qui ne peut pas résister en milieu trop chaud.  

Fragilités et résistances des rivières aux canicules 

Si la vie peut revenir assez rapidement dans une rivière restaurée, l'association Eau et rivières de Bretagne estime avoir sous-estimé l’impact de la sécheresse de 2022 sur l’ensemble des espèces d’eau froide. Et en contexte de changement climatique, les sécheresses à répétition fragilisent durablement la rivière. Les concentrations de polluants, l'augmentation des prélèvements d'eau potable et la rupture de la continuité écologique s'ajoutent à la chaleur et au manque de pluie pour achever de perturber le milieu aquatique. 

Certaines rivières résistent cependant mieux que d'autres aux sécheresses intenses : celles dont les tracés ont été peu modifiés, qui ont conservé des méandres (ralentisseurs d'écoulement) et reposent sur leur lit souterrain, celles qui traversent davantage de zones humides et des terres où le bocage et le boisement sont plus intenses (et ralentissent l'écoulement des eaux), où les sols sont plus riches en biodiversité (et conservent mieux l'eau).

Une coalition pour sauver le saumon, de la Bretagne au Canada, en passant par le Danemark

Pour le saumon, 25°C est une température mortelle. Cet été, les associations de pêcheur ont  même parfois sauvé les truites et saumons en les prélevant des zones les plus critiques de l'Isole ou de l'Odet pour remettre les poissons en amont, là où les rivières sont plus fournies et mieux oxygénées. Un geste un peu désespéré qui fait débat quant à son efficacité. 

L'heure est tellement grave pour le saumon sauvage que l'association Eau et rivières de Bretagne a lancé une coalition internationale pour rassembler tous les organismes concernés : associations de pêche, de protection de l'environnement et de l'océan, mais aussi associations de consommateurs (car le saumon sauvage est largement victime des productions intensives de saumon d'élevage) et pourquoi pas aussi des artistes. Des îles Feroe au Québec où vivent les saumons, des acteurices de toutes la zone Atlantique pourraient se joindre à la coalition, ne serait-ce que parce que le Canada par exemple a fait du saumon sauvage un emblème et un atout touristique. L'idée est bien de fédérer les énergies et les moyens de toutes les organisations pour sauver le saumon sauvage. 

La coalition a reçu le soutien de 1% for the Planet qui soutient les initiatives en doublant les soutiens financiers qu'elle reçoit par ailleurs. Vous aussi, vous pouvez soutenir le projet. 

On peut aussi se mobiliser et participer aux marches pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale le samedi 26 septembre 2026 partout en France. 

Ci-dessous la chronique écrite par un adhérent d'Eau et rivières de Bretagne, Yves Carn

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