Anticiper le risque inondation dans le bassin versant de l'Aulne
Publié le 02/11/2026
On connait bien le risque inondation au bord de l'Aulne, notamment à Châteaulin. Mais quid de la population et des équipes municipales des communes riveraines ? Comment se préparent les dispositifs de crise ? Aujourd'hui, l'acclimatation au risque se travaille avec l'Epaga, organisme public qui gère le bassin versant, et avec la ville de Châteaulin.
Dès septembre 2026, alors que le Finistère avait encore bien chaud et subissait la sécheresse, l'EPAGA proposait aux élus du bassin versant de suivre une formation sur la gestion des crises majeures, notamment les inondations puisque c'est du ressort de l'établissement public qui apporte son appui technique sur tous les sujets liés à l'eau des rivières du bassin. Il s'agissait notamment de s'approprier le Dicrim, Document d'information communal sur les risques majeurs. Il explique notamment aux personnes qui s'installent sur une commune des risques majeurs auxquels elles peuvent être exposées, risques industriels (matières dangereuses, site nucléaire) ou naturels comme les inondations ou les tempêtes. On peut aussi consulter le site internet Géorisques. Pour les débordements de rivière en particulier, c'est le site Vigicrues qui permet d'être informé des alertes.
Plan communal de sauvegarde et Réserve de sécurité civile à Châteaulin
Les communes les plus exposées ont l'obligation d'établir un PCS, Plan communal de sauvegarde, et l'intercommunalité dont elles dépendent va devoir dès lors se doter d'un Plan intercommunal de sauvegarde (PICS). L'Epaga peut assurer l'accompagnement technique dans la conception de ces plans. Dans le cas de Châteaulin, il existe un PCS depuis une vingtaine d'années, il est particulièrement bien fourni en matière de gestion des inondations puisque la ville s'appuie sur son expérience.
Un PCS consiste en un document papier (accessible même quand il n'y a plus d'électricité ni de réseau internet ou mobile) sur lequel sont recensés les personnes et bâtiments à protéger en priorité, les moyens matériels disponibles, les moyens logistiques, les personnes ressources pour organiser l'aide, les processus à suivre. C'est très concret. Il peut s'agir aussi bien de la méthode d'évacuation d'un Ehpad (à partir d'une hauteur d'eau précise) que du stock de batardeaux disponibles, des salles d'hébergement d'urgence, en passant par la pose de panneaux routiers pour signaler les routes inondées ou le recensement des radioamateurs locaux.
Suivant l'exemple de Châteauneuf-du-Faou après la tempête Ciaran, la commune de Châteaulin a décidé également de se doter d'une Réserve communale de sécurité civile (RCSC). Ce sont des volontaires qui habitent la commune et se déclarent disponibles pour aider en cas de crise majeure mais aussi d'événement exceptionnel (passage du Tour de France). Depuis septembre 2026, Châteaulin a recruté 22 personnes, 7 femmes et 15 hommes de 22 à 80 ans. Ces personnes seront notamment formées aux premiers secours et elles devront s'imprégner du Plan communal de sauvegarde.
Kit d'urgence 72h et radio publique
Il existe aussi des outils nationaux préconisés à tout un chacun pour faire face à une catastrophe naturelle ou industrielle et tenir 72 heures ; un "kit d'urgence" constitué d'un sac à dos contenant différents objets (radio à piles, chargeur et batterie de secours de téléphone, lampe de poche, médicaments et matériels de santé indispensables, vêtements chauds, nourriture non périssable, eau potable, copie de ses documents administratifs, double des clés de son logement, etc.). Il doit être situé dans un lieu facile d'accès. La radio locale publique est par ailleurs chargée d'informer également le public en temps réel en cas de crise majeure.