Soutenir l'agriculture paysanne par une foncière citoyenne
Publié le 04/06/2026
La Société coopérative d'intérêt collectif, foncière agricole citoyenne, Kazel-ha-Kazel a vu le jour du côté de Douarnenez. Trois agriculteurices ont commencé leur activité en polyculture élevage et c'est la foncière, qui compte 200 coopérateurices, qui va acheter les terres. Pour le Civam, c'est une solution intéressante qui répond aux difficultés d'installation des jeunes et qui défend une agriculture paysanne.
Le site internet du Civam du Finistère
Le site internet de Kazel-ha-Kazel
Face aux difficultés de transmission des fermes, de renouvellement des responsables d'exploitation agricoles, et pour pallier les difficultés d'accès au foncier des personnes qui portent des projets d'agriculture paysanne, il peut exister des solutions locales comme celle de Kazel-ha-Kazell ("épaule contre épaule" ou "bras dessus bras dessous" en breton).
Une foncière agricole citoyenne de territoire, 50 km autour de Douarnenez
Une association a d'abord vu le jour en 2023, créée par des habitantes et habitants dans le cadre du Plan climat air énergie territorial de Douarnenez communauté, elle est d'ailleurs adhérente du Civam. Petit à petit, ce groupe citoyen s'est penché sur les possibilités juridiques d'acquisition des terres agricoles, et c'est finalement une Société coopérative d'intérêt collectif (Scic) qui a vu le jour. Son objet est d'acheter des terres uniquement pour répondre à des projets d'installation, suivant un modèle écologiquement et socialement durable et dans un rayon de 50 km autour de la statue du Bolomig (à Douarnenez), ce qui en fait une foncière agricole de territoire (non dédiée à une seule exploitation).
Plus de 200 sociétaires de la coopérative
Aidée par Terre de liens qui fonctionne selon les mêmes valeurs, mais à l'échelle nationale, la Scic finistérienne compte désormais plus de 200 sociétaires, qui se répartissent en quatre collèges (un cinquième collège, celui des collectivités locales, ne compte pas encore de membres). Les votes sont répartis entre les collèges et, au sein de chacun, une personne dispose d'une voix, quel que soit le nombre de parts qu'elle détient. Les assemblées se tiennent de manière ouverte et sous forme communautaire. Il est toujours possible de prendre une ou plusieurs part(s) de la Scic (100 €), de devenir ainsi "propriétaire" partiel de la terre (engagement pour 5 ans minimum) et de participer ainsi à l'aventure.
Cultures de plein champ et élevage laitier au Juch
Deux producteurs et une productrice ont pu commencer leur activité de polyculture élevage (cultures de plein champ et production laitière) en agriculture biologique, pour l'instant en portage par la Coopérative d'installation en agriculture paysanne du Finistère, en attendant que l'achat des terres par la foncière Kazel-ha-Kazel soit effectif (l'acte notarié est en cours d'élaboration). Tous trois sont associés en GAEC et seront ensuite locataires des terres situées sur la commune du Juch, sur un peu plus de 70 hectares.
Cette propriété des terres agricoles permet à la fois de réduire les coûts d'installation ; elle garantit aussi la pérennité de destination des terres, même en cas de transmission (agriculture paysanne). Pour le Civam, ce type de solution peut répondre aux difficultés d'accès à la terre des jeunes, en particulier les personnes non issues du monde agricole. Une autre foncière agricole citoyenne est en cours de constitution à Saint-Cadou (Sizun).
L'association Kazel-ha-Kazel perdure, parallèlement à la Scic, notamment pour l'animation et l'entretien des liens entre coopérateurices et avec les producteurices. La Scic fait quant à elle partie du réseau des initiatives foncières agricoles citoyennes.