Étudier et encourager les pratiques alimentaires durables
Publié le 15/10/2026
Depuis 2022, la chaire PADE - Pratiques alimentaires durables - de la Fondation UBO fait travailler ensemble scientifiques et acteurs du monde socio-culturel (entreprises et associations) pour imaginer comment nous mangerons à l'avenir, en tenant compte des enjeux liés à la santé, à l'écologie et à l'économie locale.
Le site internet de la chaire PADE
Patrick Gabriel Professeur / Enseignant chercheur et Camille Chedotal Ingénieure de recherche travaillent pour le laboratoire LEGO (d’économie et de gestion de l‘Ouest) Labo LEGO - BREST partie prenante de la chaire avec le LUBEM (Laboratoire Universitaire de Biodiversité et d'Écologie Microbienne), mais aussi associations comme Aux goût du jour, des fondations comme Ildys, et des entreprises de tailles diverses (dont huit entreprises mécènes).
Un premier cycle de travail a déjà permis de mener de nombreuses actions. D'abord, des programmes de recherche autour de trois axes comme la naturalité (clean label, la perception de la transformation des produits alimentaires, bien-être animal, emballages, etc.), la confiance ou la méfiance des consommateurs à l’égard des acteurs de l’alimentation et liens avec l’alimentation durable, et les conditions de la mise en œuvre de filières locales et nationales durables. Les thèmes de recherche sont donc très variés : emballages, gaspillage, développement du territoire, sécurité et qualité sanitaire des aliments, etc.
La chaire organise des moments de rencontre et d'échange entre ses membres (colloques, conférences) et des opérations de diffusion de la connaissance auprès du grand public : la fête de la science 2026 avait justement pour thème "saveurs savantes". Les étudiants des formations finistériennes liées à l'agro-alimentaire sont aussi impliqués tous les ans dans un food hackathon, marathon créatif autour de projets liés à l'alimentation durable : recyclage d'emballages, distribution en vrac de yaourts et fromage blanc, accessibilité des produits bio, des produits halieutiques, amélioration de l'alimentation des salariés... plusieurs projets ont déjà été soumis par les partenaires et des solutions proposées et parfois mises en œuvre. Le prochain hackathon aura lieu au printemps 2027.
L'observatoire des pratiques alimentaires durables et son baromètre annuel en France et en Bretagne
Parmi les actions phares de la chaire, le baromètre OPADE mesure chaque année auprès de 1200 personnes de toute la France et de 300 à 350 pour l'échantillon breton, la confiance des consommateurices envers les acteurs et les actrices de la chaîne alimentaire. Il nous apprend par exemple que cette confiance est très élevée envers les agriculteurs et les agricultrices (86 %) ainsi que les artisans et les artisanes (83,3). À l'inverse, elle reste faible pour les entreprises nationales de l’agroalimentaire (5,5).
Le baromètre 2026 enregistre une hausse des gestes anti-gaspillage, comme cuisiner en surveillant les portions et optimiser la conservation des denrées, tandis que l'achat de produits bio et la consommation de protéines végétales est en léger repli par rapport à 2025.
Le baromètre a permis d'établir quatre typologies de consommateurices à peu près également répartis (un quart des effectifs par type) :
- Les « Durables fortement engagés et confiants » envers l’ensemble des acteurs et actrices de l’alimentation
- Les « Organisées anti-gaspi » qui affichent d’une confiance élevée et maîtrisent les pratiques d’organisation des courses, du fait maison et des pratiques anti-gaspillage.
- Les « Durables sélectifs peu confiants » fidèles aux pratiques liées aux produits labellisés (bio, local) mais peu confiants envers les acteurs et actrices du système alimentaire.
- Les « Non-impliqués méfiants » peu engagés envers les pratiques alimentaires durables et méfiants vis-à-vis des acteurs et des actrices de la filière.
FoodRest : comprendre le gaspillage des fruits et légumes frais par les ménages pour proposer des solutions
La chaire PADE a mené également un autre projet d'ampleur, le projet FoodRest destiné à lutter contre la principale source de gaspillage alimentaire en Europe (à 53%) : celle ménages en matière de fruits et légumes frais étant les plus concernés. Soutenu par l’ANSES et l’ADEME, le premier cycle du programme (2021-2025) a permis de mieux comprendre les causes de ce gaspillage et de proposer des recommandations pour le réduire, en passant par le terrain, via des visites auprès de 49 foyers volontaires en Bretagne.
Parmi les recommandations qui ont été émises : faire une liste de courses afin de raisonner ses achats et d’acheter ce dont on a vraiment besoin, éviter d’acheter plus de fruits et légumes que nécessaire (cagettes en promotion), mieux stocker les fruits et légumes, notamment dans le bas du réfrigérateur, nettoyer régulièrement les zones de stockage avec de l’eau de javel ou du désinfectant comme du vinaigre ménager et du vinaigre blanc (mais pas du jus de citron)