Mieux vivre avec soi et les autres grâce à l'éducation par la nature
Publié le 13/02/2026
À la forest school Brins d'éveil de Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h, on apprend à bien vivre avec soi et avec les autres grâce à "l'école du dehors" ; les troubles éventuels du neurodéveloppement (déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, autisme) sont souvent accompagnés de difficultés à côtoyer ou interagir avec les autres. Or, quand on est en plein air, qui plus est au contact de la nature, bien des barrières tombent et on apprend à s'auto-réguler, à ressentir de l'empathie pour les non-humains et pour ses semblables et à coopérer.
La page Facebook de Brins d'éveil
Parler de la pluie et du beau temps, ne pas se rouler par terre en criant quand on vous contrarie, rester calme dans un groupe agité quand on est fatigué... autant d'attitudes qui paraissent à la plupart d'entre nous comme aller de soi. Pourtant, quand on a un trouble du neurodéveloppement (déficit d'attention avec ou sans hyperactivité, spectre autistique ou autre), c'est beaucoup moins facile.
En fait, ce type de compétence s'apprend généralement par observation et imitation. Mais quand on a un cerveau qui fonctionne différemment, cet apprentissage est plus difficile, voire impossible. Il faut donc trouver des parades et c'est alors que l'éducation par la nature devient intéressante.
Les groupes d'habiletés sociales de Brins d'éveil
L'équipe de la forest school Brins d'éveil à Pont-de-Buis-lès-Quimerc'h se compose d'une dizaine de personnes professionnelles du médico-social : éducation spécialisée, psychologue, psychomotricité, éducation, etc. Parmi les interventions qu'elle propose (et qui peuvent être prises en charge financièrement sur décision de la Maison départementale des personnes handicapées), il y a les ateliers d'habiletés sociales.
En groupe d'une dizaine d'enfants, on apprend à acquérir les compétences psychosociales : identifier ses émotions, les réguler, s'auto-déterminer, cohabiter et même coopérer avec les autres.
La pédagogie par la nature et ses atouts dans les pays de nord de l'Europe
À l'heure où on envisage dans les écoles françaises des "cours d'empathie" pour éviter le harcèlement scolaire, les forest school et autres structures de pédagogie par la nature ont déjà une longueur d'avance. Les études menées dans les pays scandinaves et en Finlande, où cette "école du dehors" est courante, montrent bien les bienfaits de ces approches, qui vont de la diminution, voire la disparition des conflits, à un apprentissage des connaissances académiques nettement amélioré.
Pour tous les humains, l'immersion dans le milieu extérieur et sauvage apporte de nombreux bénéfices généraux : diminution du stress, immunité renforcée, augmentation de la confiance en soi. En cas de déficit de l'attention, on constate une amélioration de la concentration, une meilleure régulation de ses émotions et moins d'agitation, en cas de trouble du spectre autistique, la régulation sensorielle, l'enrichissement du répertoire de jeu et l'acquisition des compétences sociales sont constatées aussi.
Des pédagogies bienveillantes et orientées vers la coopération
Globalement, ces pédagogies, indépendamment même du fait qu'elles ont lieu en milieu naturel, encouragent d'emblée une meilleure connaissance de soi-même et donc une meilleure compréhension des autres. Chez Brins d'éveil, on commence par faire un volcan en terre, dans lequel on verse vinaigre blanc et bicarbonate pour simuler une éruption. Et on échange : qu'est-ce qui me fait entrer en éruption ? Qu'est-ce que je fais quand j'entre en éruption ? Mine de rien, on analyse ses moments de détresse et de confrontation avec les autres.
Le terrain de Logonna-Quimerc'h est vaste et ses milieux sont variés : rivage, forêt, prairie... et surtout, il y a de l'espace ! On n'est pas obligé de rester proche des autres si on éprouve le besoin d'être seul. On peut s'éloigner pour se calmer. C'est aussi simple que ça. Les bruits des éléments (comme la pluie) ou des animaux et végétaux (chants d'oiseau, feuilles qui bougent) sont par ailleurs apaisants. Au fil des activités, on apprend aussi à prendre soin de son environnement si on l'apprécie et de ses camarades si l'ambiance est bonne. Enfin, au stade avancé, une activité collective comme la construction d'une cabane, suppose entraide, négociations et compromis, échanges d'idées, etc. Une véritable coopération qui témoigne des compétences psychosociales acquises.