Les grandes landes de Trébédan

Publié le 17/11/2025
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L'association Bretagne vivante gère plusieurs réserves naturelles et aussi des espaces plus informels, pas forcément spectaculaires, mais intéressants pour les espèces qu'on y trouve. C'est le cas des grandes landes de Trébédan dans les Côtes d'Armor ; un espace de landes et tourbières de 12 hectares dont Yannick Meneux est le conservateur.

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Bretagne vivante gère des réserves naturelles nationales, régionales ... et des espaces qui ne sont pas officiellement des réserves labellisées mais des espaces à préserver pour leur intérêt faunistique et floristique, voire patrimonial.

Au sud ouest de Dinan (Côtes d'Armor), 12 hectares de landes étaient exploités autrefois et ont été abandonnés ; les landes se sont transformées en quasi-forêt avant d'être redécouvertes par un militant de Bretagne vivante. Au début des années 1990, quelques bénévoles motivés ont défriché la zone, avec l'accord de la commune de Trébédan, propriétaire des lieux et, par convention, l'association s'est vu confier la préservation des landes et tourbières. 

Une redécouverte de ces anciens espaces liés à l'agriculture traditionnelle

Ces espaces ne sont pas à proprement parler "naturels". Ils sont liés aux activités humaines. La tourbe était ramassée comme combustible, les landes étaient fauchées et pâturées. Elles faisaient pleinement partie du système agricole traditionnel. La présence de bétail (vaches, moutons) permettait d'éviter l'enfrichement.

Depuis 2023, une obligation réelle environnementale accorde un statut de protection un peu plus fort aux landes et tourbières de Trébédan. Aujourd'hui conservateur bénévole de la "réserve communale", Yannick Meneux veille à l'application du plan de gestion établi pour l'entretien de l'espace.

Un plan de gestion et une observation attentive des espèces qui peuplent les landes de Trébédan

Bretagne vivante noue des partenariats avec les élevages locaux pour assurer une pâture (même des lamas ont brouté à Trébédan !) ; l'association défriche si nécessaire (pour empêcher la pousse des bouleaux). Il serait souhaitable aussi de combler quelques drains encore en place pour éviter que la lande s'assèche trop vite, surtout en contexte de changement climatique, mais cela nécessitera des financements. Des inventaires botaniques sont régulièrement réalisés : les ajoncs, la Molinie, deux bruyères... la Drosera est présente tout comme une autre plante carnivore la Grassette du Portugal. L'inventaire des champignons est en cours ; leurs représentants sont nombreux dans ce milieu, sous des formes très variées. Les animaux présents sont l'Engoulevent d'Europe (deux couples estimés), la Fauvette pitchou, des papillons, libellules, reptiles, amphibiens, ou encore des muscardins. Une soixantaine de bénévoles veillent sur les grandes landes de Trébédan (observation et entretien). L'équilibre de la lande est parfois délicat à trouver et nécessite des compromis.

Enfin, Bretagne vivante propose régulièrement des balades commentées sur les lieux : balades botaniques en février, libellules et oiseaux en été, culture et nature lors des journées du patrimoine, etc. Des panneaux, un petit observatoire et des petites passerelles sont à poste pour le public qui souhaiterait découvrir les Grandes landes de Trébédan.