L'écrevisse à pattes blanches

Publié le 15/01/2026
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Avec l'association Bretagne vivante, on plonge ses oreilles vers les rivières du centre Bretagne où vit encore une espèce d'écrevisse indigène ; dite à 'pattes blanches". Austropotamobius pallipes a cependant bien besoin que l'association veille sur elle. 

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crédit photo : Pmau, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Austropotamobius pallipes est appelée communément écrevisse à pattes blanches ou à pieds blancs, même si ses pattes et tout le dessous de son corps sont plutôt de couleur crème. C'est l'une des espèces indigènes de notre région (avec l'écrevisse à pattes rouges, sans doute introduite plus récemment). C'est une espèce protégée bien représentée en France, mais en Bretagne seulement dans les Côtes-d'Armor et l'Ille-et-Vilaine, dans une trentaine de cours d'eau, plutôt en amont, proche des sources, majoritairement dans de petits ruisseaux (50 à 60 cm de large).

Vie et mort de l'écrevisse à pattes blanches dans les rivières des Côtes-d'Armor et d'Ille-et-Vilaine

Les écrevisses à pattes blanches sont des crustacés décapodes qui mesurent entre 8 et 10 cm et vivent en eau douce, dans une eau plutôt fraiche et bien oxygénée. Le mâle et la femelle sont assez différents, les pinces du mâle sont plus volumineuses. Le régime alimentaire est détritivore, surtout végétal même s'il arrive à l'écrevisse à pattes blanches d'attraper des petits poissons. Elles se déplacent beaucoup, sur un domaine vital de plusieurs dizaines de mètres même si elles peuvent rester longtemps dans un endroit qui leur plait (et le défendre). Elles se reproduisent en automne, le mâle introduit ses spermatozoïdes avec un appendice dans l'abdomen de la femelle qui porte ensuite les œufs sur son ventre (une centaine) plusieurs semaines et les relâche au printemps. Les jeunes écrevisses relâchées mueront plusieurs fois avant d'atteindre leur taille adulte ; elles sont matures sexuellement à 2 ou 3 ans et peuvent vivre 8 à 10 ans. Leurs prédateurs naturels sont la Loutre d'Europe, le Vison d'Amérique, le putois ou le héron. Il est interdit de la pêcher. 

Les menaces et le suivi de l'écrevisse à pattes blanches

Pour autant, l'écrevisse à pattes blanches doit faire face à plusieurs menaces : la concurrence, voire la prédation d'autres écrevisses (Américaine, du Pacifique, de Louisiane). Surtout l'écrevisse américaine est porteuse saine d'un champignon mortel pour l'écrevisse à pattes blanches : l'Aphanomycose. 
L'écrevisse à pattes blanches pâtit aussi de la destruction de ses milieux : pollutions des rivières d'origine agricole, destruction des fonds, coupes rases de forêt qui exposent trop le cours d'eau au soleil et à la chaleur, etc.

Bretagne vivante a donc réalisé un atlas en 2019 qui a permis de recenser l'écrevisse à pattes blanches (et ses cousines). Le déclin de l'espèce a alors été constaté même si, malgré tout, on découvre encore le crustacé dans de petits courts d'eau du centre Bretagne. Pierrick Pustoc'h notre invité poursuit ses observations, de nuit, car c'est une espèce nocturne à recenser à la lampe de poche ; ou par piégeage (avec notamment des briques plâtrières investies par les écrevisses qui peuvent être facilement récupérées ensemble). Des observations participatives peuvent avoir lieu quand des communes réalisent leur atlas de la biodiversité. Un plan national d'action existe dans plusieurs régions françaises et pourrait s'étendre à la Bretagne.