Dernières nouvelles juridiques de Bretagne vivante, devenue Conservatoire d'espaces naturels Bretagne

Publié le 21/05/2026
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Morgane Quintard, juriste de Bretagne vivante, revient sur le nouveau nom de l'association Conservatoire d'espaces naturels Bretagne et sur les dernières affaires juridiques menées ou en cours. 

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Le changement de nom de Bretagne vivante a été acté en assemblée générale le 26 avril 2026. L'association rejoint ainsi la fédération des Conservatoires d'espaces naturels qui était bien implantée partout en France, et elle pourra s'appuyer sur la force de son réseau et bénéficier de davantage de moyens. 

Bretagne vivante CEN mène une vingtaine d'actions en justice par an, parfois conjointement avec d'autres associations de défense de l'environnement comme Eaux et Rivières de Bretagne. Par exemple actuellement une action est lancée (avec plusieurs autres associations) pour faire annuler des permis de prospection minière accordés par l’État à l’entreprise Breizh Ressources, sur plus de 800 km² en Bretagne et Pays de la Loire pour la prospection de plus de 40 métaux, certains très polluants et toxiques pour la biodiversité, l’eau, les sols et la santé, et ce, malgré plus de 95% d'avis défavorables de la population, des communes et de la forte mobilisation sur le terrain. 

Sur le plan des victoires, fin avril, le Conseil d'État a donné définitivement gain de cause à Bretagne vivante CEN Bretagne contre un projet de méthaniseur à Guiscriff. Il s'agissait d'un projet menaçant une prairie humide d'une grande diversité floristique. Il est à noter que des bénévoles de l'association se sont bien impliqués dans le dossier, en alertant grâce à leur veille informationnelle attentive, puis en réalisant un inventaire précis de la zone dans laquelle le méthaniseur ne sera finalement pas construit.

Le 7 mai 2026, le tribunal correctionnel de Vannes a condamné la Générale du Solaire et sa filiale Sablière de la Prée pour avoir détruit des espèces protégées (Triton marbré) pendant la phase de travaux du plus grand parc de panneaux photovoltaïque breton implanté sur une ancienne sablière sur laquelle tout un écosystème s'était développé depuis plusieurs années. Les entreprises n'ont pas réalisé les travaux de compensation qu'elles auraient dû faire et ont été condamnées à payer amendes et dommages et intérêts.  

En ce qui concerne les affaires en cours, deux audiences en référé sont prévues en cette fin mai 2026 afin de demander la suspension des dérogations "espèces protégées" suivantes : pour les choucas, à l'échelle de la Bretagne, les autorisations de tirs portent cette année sur 10 500 oiseaux pourtant protégés ; pour les goélands, Bretagne vivante CEN Bretagne a attaqué l'arrêté du préfet de Loire-Atlantique qui autorise la stérilisation des œufs sur la commune du Croisic. Ce contentieux fait suite à un positionnement fraîchement adopté par l'association contre cette méthode cruelle, coûteuse et peu efficace.