Des arbres, des aménagements et des combats à Brest et alentour

Publié le 06/01/2026
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Depuis sa naissance en 2023, l'antenne brestoise du GNSA — Groupe national de surveillance des arbres — a mené bien des combats, dont certains victorieux comme l'action en justice contre le chantier du stade du Froutven. On ne s'arrête pas en si bon chemin, les sujets d'inquiétude restent nombreux.

Le site internet du GNSA

Suivez l'antenne de Brest du Groupement national de surveillance des arbres

Dans le Finistère, le GNSA est actif depuis 2023 et déjà il a un coup d'éclat à son actif : avec d'autres associations — Costour poumon vert et Agir pour le vivant et les espèces sauvages (AVES France) — le Groupe de surveillance des arbres de Brest et environs s'est attaqué au futur grand stade de foot au Froutven, et ça a fonctionné ! Le tribunal administratif de Rennes a été saisi sur plusieurs points et le juge des référés a considéré "qu’il n’était pas suffisamment justifié que l’équipement sportif en projet répondait à une raison impérative d’intérêt public majeur, critère fixé par le législateur pour qu’il puisse être dérogé aux interdictions visant à assurer la conservation des espèces animales non domestiques et de leurs habitats, dont trente-six espèces (reptiles, mammifères, oiseaux) ont été identifiées sur le secteur de Froutven". Le juge a suspendu l’exécution de l’arrêté préfectoral du 23 juin 2025 dans l’attente qu’une formation collégiale du tribunal se prononce sur sa légalité. Comme les parties n'ont pas fait appel, le chantier a été suspendu en attendant le jugement sur le fond. D'ici là (un an ou deux) d'autres considérations remettront peut-être en cause ce chantier, notamment du fait des fortes sommes d'argent public en jeu, à une période où toutes les collectivités cherchent à faire des économies. D'autant plus qu'un cabinet d'études a évalué la faisabilité de la rénovation de l'actuel stade Francis Le Blé à 59 millions d'euros maximum (contre 106 pour la construction du nouveau stade). Le GNSA a bon espoir que le projet de nouveau stade tombe aux oubliettes.

L'arbre, symbole de la préservation d'un équilibre écologique essentiel à l'humain

Si l'arbre est symbolique, le combat du GNSA va bien au-delà ; il s'agit de lutter contre l'artificialisation abusive des terres. Et dans le cas de la création d'un équipement de loisirs, on peut en effet remettre en cause "l'impératif majeur". Il n'y en a pas au regard des enjeux vitaux liés au grignotage des terres agricoles ou des milieux sauvages qui abritent des animaux ou des végétaux de plus en plus menacés, alors qu'ils font partie de l'écosystème global dont dépend la santé humaine, notre alimentation notamment. Quand on construit sur un terrain "redevenu naturel" comme celui de Maner Coz, non seulement on détruit les habitats des espèces sauvages qui ont recolonisé les lieux, mais on supprime aussi un puits de carbone et une zone dans laquelle les eaux peuvent s'infiltrer et s'épurer. 

La frénésie d'aménagements et la difficile cohabitation avec les non-humains 

Outre le dossier du stade, d'autres projets d'aménagement sont sous la surveillance du GNSA, également à Guipavas, commune soumise à la loi littoral : un projet de salle omnisport à Kervillerm (5,5 hectares), une "extension" de 26 hectares dans une zone qui avoisine celle de Saint-Thudon (zone artisanale), une plateforme de dépôt de déchet inerte de 7,6 hectares à Penvern. L'association est aussi interpellée à propos de projets hors Brest comme celui d'une centrale solaire au Folgoêt dans une zone de captage (ce qui pose un problème en cas d'incendie des panneaux, la pollution peut être majeure). 

S'y ajoutent les combats de "quartier" pour défendre les arbres en ville comme ces magnolias du square de la tour d'Auvergne abattus en raison des étourneaux ... qui iront bien sûr se regrouper ailleurs. Le GNSA estime que l'abattage n'est pas la solution, surtout quand il a lieu sans concertation. L'association se veut aussi un porte-voix des non humains, végétaux et animaux qui "ne peuvent pas manifester". 

Si le GNSA bénéficie de nombreux témoignages de soutien, y compris financier, l'association manque cependant de bénévoles disponibles. Si vous aussi vous voulez défendre la cause des arbres et des écosystèmes, prenez contact par mail : gnsabrest@gmail.com